Fiscalité immobilière

Donation immobilière 2026 : transmettre un logement à ses enfants sans improviser

Donner un logement à ses enfants peut sécuriser une transmission, mais l’acte engage durablement le patrimoine familial. Avant de signer, il faut comparer pleine propriété, nue-propriété, donation-partage, abattements, frais et effets sur la succession.

Famille et notaire étudiant un plan d’appartement, des clés et des dossiers de transmission immobilière sans texte lisible
Famille et notaire étudiant un plan d’appartement, des clés et des dossiers de transmission immobilière sans texte lisible.

La donation immobilière permet de transmettre un appartement, une maison ou des droits immobiliers de son vivant. En 2026, le sujet revient souvent dans les familles qui veulent éviter une indivision difficile, aider un enfant ou organiser la succession sans attendre le décès.

Cet article fait le point au 20 août 2026 à partir de sources publiques officielles. Il ne refait pas les guides Vera sur la plus-value, la SCI familiale ou l’achat à deux : l’angle est la méthode de décision avant de donner un logement à ses enfants, avec les conséquences fiscales et notariales à clarifier avant signature.

Commencer par qualifier ce qui est donné

Service-Public définit la donation comme l’acte par lequel une personne transmet de son vivant, gratuitement et sans contrepartie, la propriété d’un bien à une autre personne. Le bénéficiaire doit accepter la donation pour qu’elle se réalise.

Pour un bien immobilier, le point essentiel est formel : les donations de biens immobiliers nécessitent l’intervention d’un notaire et un acte authentique. Le notaire se charge aussi des démarches fiscales, notamment déclaration, droits de donation et publicité foncière.

Avant d’engager cette démarche, il faut vérifier si le bien est détenu seul, en indivision, via une société, ou avec un conjoint. Si le logement a été acheté à plusieurs, le guide Vera sur l’ achat immobilier à deux aide à identifier les droits qui peuvent réellement être transmis.

Choisir entre pleine propriété et nue-propriété

Donner la pleine propriété transfère immédiatement l’ensemble des droits sur le bien. C’est simple à comprendre, mais cela prive le donateur de l’usage et des revenus du logement, sauf clause ou organisation spécifique validée par le notaire.

Service-Public indique qu’un donateur peut aussi donner uniquement la nue-propriété du bien et conserver l’usufruit. Dans ce cas, le donateur garde l’usage du logement ou le droit d’en percevoir les loyers, tandis que les enfants deviennent nus-propriétaires.

Au décès du donateur usufruitier, Service-Public précise que les bénéficiaires récupèrent la totalité du bien sans droits supplémentaires à payer sur cette réunion de l’usufruit et de la nue-propriété. Cette mécanique est patrimoniale : elle doit être comprise avant de la choisir, notamment si une vente future du bien est envisagée.

Utiliser les abattements sans les surestimer

Impots.gouv rappelle que chaque parent peut donner jusqu’à 100 000 euros à chaque enfant sans payer de droits de donation. Un couple peut donc transmettre 200 000 euros à chaque enfant en exonération de droits, si les abattements sont disponibles.

Ces abattements s’apprécient par même donateur et même donataire sur une période de quinze ans. Si un abattement a déjà été utilisé en partie lors d’une précédente donation, seul le solde disponible pendant la même période peut encore s’appliquer.

Service-Public indique aussi des abattements différents selon le lien familial : 31 865 euros pour un petit-enfant, 5 310 euros pour un arrière-petit-enfant, 80 724 euros pour un époux ou partenaire de Pacs, 15 932 euros pour un frère ou une sœur et 7 967 euros pour un neveu ou une nièce. Il ne faut donc pas extrapoler le seuil applicable aux enfants à toute la famille.

Comprendre la valeur fiscale de l’usufruit

Lorsqu’un bien est donné en nue-propriété avec réserve d’usufruit, les droits ne sont pas calculés sur la pleine valeur du bien mais sur la valeur fiscale de la nue-propriété. Le BOFiP renvoie au barème de l’article 669 du Code général des impôts, qui dépend de l’âge de l’usufruitier au moment de la transmission.

Le barème officiel donne par exemple une nue-propriété évaluée à 50 % de la pleine propriété lorsque l’usufruitier a moins de 61 ans révolus, 60 % lorsqu’il a moins de 71 ans révolus, 70 % lorsqu’il a moins de 81 ans révolus et 80 % lorsqu’il a moins de 91 ans révolus. Ces seuils ne doivent pas être arrondis ou réinterprétés sans simulation notariale.

Plus le donateur avance en âge, plus la nue-propriété transmise représente une part importante de la valeur fiscale du bien. La donation en nue-propriété ne doit donc pas être présentée comme une économie automatique : elle dépend de la valeur du logement, de l’âge du donateur, des abattements déjà utilisés et du projet familial.

Comparer donation simple et donation-partage

Service-Public présente la donation-partage comme un acte permettant, de son vivant, de donner et de répartir entre ses héritiers présomptifs tout ou partie des biens de son patrimoine. Les bénéficiaires deviennent immédiatement et définitivement propriétaires des biens donnés.

Notaires.fr précise que la donation-partage est un acte notarié qui organise la transmission et le partage anticipé et définitif. Elle peut concerner les enfants et, dans certains cas, les petits-enfants dans une donation-partage transgénérationnelle.

Cette option est souvent utile lorsqu’il existe plusieurs enfants et un patrimoine difficile à diviser : résidence principale, appartement locatif, terrain, parts de SCI ou soulte d’équilibrage. Elle doit être comparée à une donation simple, car l’objectif n’est pas seulement fiscal : il s’agit aussi de limiter les contestations futures.

Ne pas oublier les frais et la publicité foncière

Une donation immobilière ne se résume pas aux droits de donation. Service-Public indique que le notaire intervient pour l’acte authentique, la déclaration, les droits et la publicité foncière. Ces démarches génèrent des coûts qui doivent être chiffrés avant la décision.

Le donateur doit aussi demander qui paie les droits, les émoluments, les débours et les formalités. Selon l’organisation familiale, le paiement par le donateur peut lui-même avoir des conséquences fiscales à examiner avec le notaire.

La logique est proche d’un budget d’acquisition : il faut raisonner en coût complet et non en prix facial du bien. Le guide Vera sur les frais d’acquisition peut servir de rappel méthodologique, même si les frais d’une donation obéissent à leurs propres règles.

Anticiper vente, loyers et taxe foncière après la donation

Après une donation avec réserve d’usufruit, le donateur usufruitier conserve en principe l’usage du bien ou les loyers. Les enfants nus-propriétaires ne doivent donc pas croire qu’ils pourront vendre librement la pleine propriété sans accord et sans analyse de l’acte.

Le traitement de la taxe foncière doit aussi être vérifié. Le guide Vera dédié rappelle que la taxe foncière est due par le propriétaire ou l’usufruitier au 1er janvier de l’année d’imposition. Une donation en démembrement peut donc modifier la lecture du dossier fiscal et patrimonial.

Si le bien est destiné à rester locatif, il faut relier la donation au mode de détention. Une SCI familiale peut parfois être étudiée, mais elle ne remplace pas une analyse notariale de la donation du logement ou des parts.

Préparer le rendez-vous notarial

Avant le rendez-vous, il faut réunir le titre de propriété, l’estimation récente du bien, le régime matrimonial, les donations antérieures, la composition familiale, les éventuels prêts en cours, les baux, les diagnostics utiles et l’objectif recherché : aider, transmettre, équilibrer ou protéger.

Il faut aussi poser les questions qui changent réellement la décision : donation pleine propriété ou nue-propriété, donation simple ou donation-partage, clause de retour conventionnel, réserve d’usufruit, répartition entre enfants, valeur retenue, frais totaux, fiscalité future et possibilité de vendre plus tard.

Enfin, si la donation s’inscrit dans une stratégie de vente future, il faut anticiper la fiscalité de sortie avec le guide Vera sur la plus-value immobilière . Une transmission réussie se prépare en amont, pas au moment où un acquéreur fait une offre.

Questions fréquentes

Un notaire est-il obligatoire pour donner un bien immobilier ?

Oui. Service-Public indique qu’une donation de bien immobilier nécessite l’intervention d’un notaire et un acte authentique. Le notaire gère aussi les démarches fiscales et la publicité foncière.

Combien un parent peut-il donner à son enfant sans droits de donation ?

Impots.gouv indique que chaque parent peut donner jusqu’à 100 000 euros à chaque enfant sans payer de droits, si l’abattement est disponible. Cet abattement se renouvelle tous les quinze ans.

Que signifie donner la nue-propriété d’un logement ?

Le donateur transmet la nue-propriété mais conserve l’usufruit. Il peut donc garder l’usage du bien ou les loyers selon l’acte, tandis que le bénéficiaire récupère la pleine propriété au décès de l’usufruitier sans droits supplémentaires sur cette réunion.

La donation-partage est-elle différente d’une donation simple ?

Oui. La donation-partage permet de donner et répartir de son vivant tout ou partie du patrimoine entre les héritiers présomptifs. Elle sert souvent à organiser une répartition familiale plus stable.

La donation immobilière évite-t-elle tous les frais ?

Non. Même avec un abattement disponible, il faut chiffrer les frais d’acte, formalités, publicité foncière et éventuels droits de donation avec le notaire avant de signer.

Sources officielles consultées